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L'Etrat en quelques chiffres

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Population ( 1er janvier 2016)

Le village se trouve au carrefour de la route qui conduit de la Talaudière à la Plaine du Forez, et de celle qui relie Saint-Héand à Saint-Étienne.

Le nom-même du village explique bien son origine. L'Etrat fut d'abord et pendant longtemps un lieu de passage, probablement rien de plus qu'un hameau, au bord de la grande voie romaine que l'on désignait par les termes "via strata" parce que, à la différence d'autres voies de communication moins importantes, elle était empierrée et pavée. La voie qui passait par cet endroit permettait de se rendre de Lyon à Saint-Rambert, via Saint-Chamond. C'était donc un axe important qui reliait la vallée du Rhône à la Plaine du Forez.

Pour confirmer la présence romaine, il faut rappeler que l'on a retrouvé au XIXème siècle, lors de travaux de voirie, des fragments de tuiles à rebords. Il se peut même que l'on ait exploité les couches d'argile qui se trouvaient dans les parages pour la fabrication de poteries. Ainsi, le lieu-dit les Ollières rappellerait cette activité.
Au Moyen-Age, ce hameau dépendait de la Tour-en-Jarez, fief important tout proche. Nombre de familles positionnées à la Tour, mais aussi à Saint-Héand et à Saint-Priest-en-Jarez, se partageaient les terres et les droits. Toutefois, l'Etrat possédait une auberge et un marché. Il est vrai que la configuration des lieux était plus propice à cette dernière activité que les rues pentues de la Tour.
C'est aussi là que se tinrent souvent les Assises dont les rapports nous donnent des renseignements plus précis sur la vie en ce temps.
Ainsi, nous y trouvons la preuve du passage des Anglais au XIVème siècle. En effet, en 1385, un dénommé Hughes Laurent fut condamné aux Assises "tenues à l'Estra sous la Tour" à 20 sous tournois pour être simplement "demeuré" avec les Anglais. A vrai dire, il profita de la circonstance pour aller piller le voisinage en charmante compagnie!

Aux XVIème et XVIIème siècles, l'Etrat fut le théâtre de conflits entre catholiques et protestants qui montrent bien à quel point les haines et l'intolérance étaient vivaces. La région stéphanoise n'avait pas été épargnée par les guerres de religion, mais après la proclamation de l'Edit de Nantes, on aurait pu penser que les rivalités s'estomperaient avec le temps: il n'en fut rien, elles subsistèrent pendant une grande partie du XVIIème siècle avec une violence parfois redoutable comme ce fut le cas à l'Etrat.
Les protestants avaient obtenu dans le hameau une place-refuge où ils pouvaient s'assembler pour célébrer leur culte. Le premier endroit qui leur avait été dévolu se trouvait à la Tour même, mais les habitants de ce village avaient protesté contre cette décision. Une maison avait donc été octroyée aux Réformés à l'Etrat par ordonnance du 16 juillet 1603. En 1665, les habitants du hameau chassèrent les Protestants et mirent le feu à la maison. Les autorités décidèrent alors de donner un autre lieu de réunion à "Saint-Étienne de Furan au lieu de La Montat".
On possède une lettre de plainte des Protestants après cette nouvelle attribution dans laquelle ils exposent leurs craintes d'être encore moins bien protégés car, disent-ils, le lieu de l'Etrat avait au moins l'avantage d'être proche du château de Saint-Priest-en-Jarez, dans lequel ils pouvaient se réfugier en cas d'extrême nécessité.
Ce même document permet de se faire une idée de l'Etrat qu'il décrit succintement: une quinzaine de maisons qui toutes jouxtent "le grand chemin" par lequel on allait de la plaine à Lyon.
Au XVIIIème siècle, la tradition veut que Mandrin se soit arrêté à l'Etrat.
Au XIXème siècle, le hameau se dote d'une église (1850) et devient officiellement commune par décret du 5 avril 1884. Les rivalités entre la Tour et l'Etrat avaient rendu cette séparation nécessaire.

L'église date donc de 1850. Assez étroite et élancée, elle est de style plutôt composite, bien que le roman prédomine. Le bâtiment calque la disposition des grandes cathédrales avec une haute nef centrale, deux nefs plus basses sur les côtés, transept, chœur. Une grande rosace au-dessus du portail et une autre au bout de chaque bras du transept. Le clocher se termine par une flèche.
A l'intérieur, une chapelle est dédiée au Sacré-Cœur de Jésus, elle est ornée d'une sculpture que l'on doit à Fabisch.

Plusieurs maisons de l'Etrat datent du XIVème siècle. Pratiquement aucune n'a gardé de caractère typique. Toutefois, on ne peut manquer d'admirer à l'entrée Est du village, sur la gauche, juste au confluent du Furan et du Reteux, une demeure avec un balcon de bois et un auvent; sous ce dernier deux têtes sculptées également en bois.
Tout au long de la route qui gagne la plaine du Forez se sont installés au XIXème siècle les riches industriels stéphanois. Ils ont fait construire dans des parcs magnifiques de somptueux châteaux de style Renaissance pour beaucoup. On en dénombre une dizaine au moins sur le côté droit de la route, étagés sur les premières pentes des monts. Celui de la Bertrandière est devenu un lieu d'exposition de peintures et d'antiquités. Celui du Maniquet abritait un Centre d'Education pour jeunes handicapés.
C'est d'abord dans ces parages que la commune s'est agrandie il y a une vingtaine d'années. Une partie du parc de la Bertrandière fut loti, puis ce fut le tour de la colline des Ollières. L'expansion fut pendant quelques années spectaculaire. La population augmenta de façon importante. Actuellement, cet accroissement paraît s'être stabilisé.

Dans le passé, l’armurerie fut une activité importante du hameau, mais jusqu’à notre siècle, ce fut l’agriculture qui fut prédominante. Le recul des territoires agricoles et la petitesse des exploitations entraînèrent une nette et rapide régression du nombre des exploitants agricoles. En 1947, 45 exploitants, actuellement une vingtaine tout au plus. Il existe encore le long du Furan des cultures maraîchères et de l’horticulture. L’industrie a commencé à se développer au XIXème siècle : cartonnerie et fabrique de papier, minoterie, ateliers de rubannerie et de tissus élastiques. Des industries plus importantes se sont installées ces dernières décennies : mécanique et plastique. 

Le saviez-vous ?

Strata (1373), ce qui signifie "route pavée", localité située sur une voie romaine
(via strata lapide). Le nom des habitants : les Stratiens.